D’origine ukrainienne, Anna Loegel, est installée à Aix-en- Provence depuis 11 ans. En 2004 elle a créé l’association Echange pays d’Aix Europe de l’Est (EPAEE) qui fait la promotion de la langue française en Russie. Elle explique comment et pourquoi.
Le Courrier de Russie: Pourquoi avez vous créé cette association ?
Anna Loegel: Quand je suis arrivée en France, j’étais professeur d’anglais et je me suis mise au français grâce aux cours de l’Institut d’études françaises pour les étudiants étrangers. Je me suis souvenue de mes collègues qui enseignaient le français en Russie sans avoir jamais mis les pieds en France ainsi que de leurs élèves. J’ai créé cette association pour les motiver en leur permettant de venir ici avec leurs meilleurs élèves. Par ailleurs, je me suis aperçue que contrairement aux Arméniens par exemple, lesRusses n’étaient pas organisés en communauté et ne s’aidaient pas. Dans certains cas, des épouses russes de Français quittaient la France parce qu’elles n’avaient pas réussi à s’adapter. Mais nous organisons aussi la promotion de la langue et de la culture russes en France. J’ai récemment organisé des ateliers sur l’influence de Cézanne en Russie. C’était le thème d’un concours que j’avais organisé auprès d’étudiants ou d’écoliers russes. Ces ateliers ont eu beaucoup de succès et le Centre d’information et de documentation de la jeunesse de l’académie d’Aix-en-Provence met désormais à ma disposition des locaux où je peux donner des cours de russe.
LCdR: Quand vous faites venir des groupes en France, font-ils du tourisme ?
A. L. Bien sûr, nous leur faisons découvrir la région que les Russes ne connaissent pas, ou en tout cas, beaucoup moins que Paris ou Nice. Mais nous organisons aussi des journées de stage pour les professeurs russes de français qui peuvent assister à des cours. Bientôt, nous allons faire venir un groupe de jeunes Russes de 15 à 24 ans. Ils auront des cours de français, de théâtre et d’expression artistique. En général, ils assistent à des cours dans des écoles françaises. Ils sont très étonnés par exemple que certains cours commencent par 20 minutes où les écoliers peuvent s’exprimer pour mieux ensuite se concentrer sur le cours. Ils apprécient aussi beaucoup de pouvoir poser des questions aux professeurs, ce qui ne se fait pas en Russie. Enfin, quand ils rentrent en Russie, je les charge de livres de cours que me donnent les bibliothèques scolaires. En France, on déclasse un manuel au bout de quatre ans. Et comme les écoles russes sont pauvres, j’en profite pour récupérer ces livres précieux pour nos enseignants.
LCdR: Votre association est-elle aidée par la Russie ou la France ?
A. L.: L’ambassade de France en Russie nous a beaucoup aidé. Elle nous a donné de nombreux contacts en France qui aident notre association et délivre des visas gratuitement pour les professeurs et les étudiants alors que la réciproque n’existe pas. Tout ce que j’ai pu obtenir du consulat de Russie à Marseille c’est leur « soutien moral » et la permission, au coup par coup, de solliciter des visas gratuits pour les étudiants français qui veulent se rendre en Russie et que le consulat se réserve le droit d’accorder ou pas.
Propos recueillis par Ivan Lapchine
http://www.francomania.ru/fr/evenements/Ca_c_est_passe_a
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Voyage а Aix-en-Provence, sur les traces de Cйzanne
Par Anna LOEGEL
Prйsidente de l’association Echanges Pays d’Aix-Europe de l’Est
www.epaee.org

Cet été 18 jeunes russes de 16 à 23 ans, tous passionnés par la France, ont découvert pendant 15 jours la région d’Aix-en-Provence. 17 filles et un garçon, les gagnants de concours sur la langue et la culture françaises, ont été récompensés par l’Ambassade de France à Moscou par un séjour de rêve. Le service culturel de l’Ambassade à confié l’élaboration du programme et l’accueil du groupe a l’Association Echanges Pays d’Aix-Europe de l’Est (EPAEE).

La longue route en car de Moscou à Aix a permis aux étudiants de faire connaissance et de lier des amitiés qui se sont renforcées ensuite. La vie en résidence universitaire pendant 15 jours leur a donné l’occasion de rencontrer des jeunes francophones et de goûter à la vraie vie d’étudiants en France.
Pour la réussite du séjour toutes les conditions étaient réunies :
-La ville d’Aix est magnifique, empreinte de plus de 2OOO ans d’histoire, de son passé de capitale de la Provence, où on marche sur les pas de Cézanne et Zola.
-Les jeunes russes étaient très motivés ; francophiles convaincus, ils n’ont pas voulu perdre un instant de ce séjour, au point de dormir uniquement le minimum nécessaire pour tenir debout le jour suivant.
-Les professeurs-accompagnatrices : Mmes Kojouhkova Galina et Krestnikova Ludmila ont assuré un climat d’amitié et de confiance dans le groupe.
-La richesse et la bonne organisation du programme n’ont pas laissé place au hasard.

Les 15 jours ont été rythmés par de nombreux cours : langue, chansons, étude de l’œuvre de Cézanne, cours d'expression corporelle et théâtre ainsi que différentes sorties : la route de la lavande, le lac de la St. Croix, les Gorges du Verdon, Avignon et le Pont du Gard, Marseille, Cassis et la plage de La Ciotat. Les oeuvres qu'ils ont créées sont visibles sur cette galerie
Le but de séjour a été atteint : Olga, Alexandre, Sveta, Katia et les autres aimeront la France pour toujours et se sont promis d’y revenir un jour. Pour en être sûrs, certains ont jeté des pièces dans les 150 fontaines d’Aix. Ils ont expliqué que la superstition n’a rien avoir avec ça, c’est juste pour mettre toutes les chances de leur coté !
Suite à ce voyage, une des filles du groupe est d’ailleurs déjà revenue en septembre pour continuer ses études de langue à l’IEFEE de l'Université d’Aix-Marseille III. L’association EPAEE a aidé Maria à faire toutes les démarches nécessaires en lui souhaitant une très bonne année d’études à Aix.

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Togliatti
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